Les pansements modernes
D. Bourdoux Pharmacien CHU - Liège
Les escarres : un échec de l’hospitalisation.
Les escarres grèvent considérablement les budgets de
l’hôpital et des soins de santé par un allongement de la durée
d’hospitalisation, traitements lourds en nursing, en physiothérapie et en
médicaments. Elles provoquent une altération de la qualité et parfois de la
durée de vie des patients atteints.
Une prévention bien menée devrait permettre d’en
réduire la fréquence et l’utilisation de pansements adéquats d’en favoriser la
guérison.
La prévention passe par l’éducation. Le traitement
relève le plus souvent de l’anarchie thérapeutique la plus totale. Il est en
effet exceptionnel de trouver un protocole unique de prévention et de
traitement des ulcères de pression dans une même institution de soins.
L’enseignement de la prévention et du traitement est
précaire tant à l’école de médecine qu’à l’école d’infirmières favorisant la
multiplication de « recettes sauvages », plus ou moins loufoques. Les
nouveaux traitements, certes efficaces, sont prescrits de façon inadéquate
cause des retards importants dans la guérison des plaies.
Ø Origines et évolution de l’escarre
L'escarre, appelée également ulcère de décubitus ou
plaie de pression, est une complication fréquente mais évitable chez les
personnes alitées ou immobilisées, et, plus particulièrement, chez les patients
tétraplégiques ou paraplégiques ainsi que dans les services de gériatrie.
Elle résulte d’une diminution de la vascularisation
et donc des apports en oxygène et en nutriments au niveau cellulaire suite à
une compression du tissu cutané et sous-cutané entre deux plans durs :
l’un constitué par un plan osseux et l’autre par une surface dure. La nécrose
sera proportionnelle à la durée et à l’intensité de la pression. Les escarres
se développeront électivement dans les zones où l’appui est maximal : la
zone sacrée en décubitus dorsal, le talon. Ensuite viennent le grand
trochanter, les ischions, les malléoles externes, le rachis, ..
Le premier signe de l’escarre, sera une rougeur sur la peau à l’endroit où la
pression s’est exercée. Le tissu ischémié meurt et la rougeur initiale est
rapidement remplacée par une nécrose
sèche de couleur noire ou humide de couleur brunâtre. Une réaction
inflammatoire va se développer autour de la zone nécrotique, qui va finir par
se détacher et laisser place à une cavité.
Mais ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. En effet, la pression
maximale s’est effectuée du côté de l’os produisant les premiers dommages en
plan profond. Lorsque la nécrose
apparaît en surface, c’est que l’hypoderme et le derme sont déjà détruits.
La rougeur que nous voyons au début est très peu de chose en comparaison avec
les dégâts irrémédiables qui se sont produits en profondeur.
Il est indéniable qu’une prévention attentive et
l’utilisation de pansements adéquats, selon une méthodologie rigoureuse,
permettent de réduire la durée d’évolution des escarres.
Les unités à risque
sont : 1.
L’orthopédie (escarres du talon) ;
2.
La cardiologie ;
3.
Les services de soins Intensifs ;
4.
La neurologie ;
Les facteurs de risque sont :
ü
Physiques : >
simple pression du corps aux zones d'appui
(grave si durable) induisant
une diminution de la pression partielle en
oxygène ;
> cisaillement lors de l'alitement
prolongé en position semi-assise
(glissement) des couches cutanées les unes
sur les autres) ;
> frottement (abrasion mécanique de la
peau) surtout au niveau des coudes,
sacrum et talons ;
ü
Intrinsèques : >
mauvais état général (dénutrition protéique, déshydratation, fatigue …) ;
>
maladies vasculaires, anémie, diabète ;
>
insuffisance cardiaque, rénale et respiratoire ;
>
incontinence urinaire et fécale ;
ü
Extrinsèques: >
humidité, macération, corps étrangers, adhésifs et pansements compressifs
ü
Autres : >
altération de la conscience (comas, certains états psychiques, sédations ..)
>
paralysies et toutes affections immobilisantes ;
>
troubles de la sensibilité (paraplégies médullaires, hémiplégies
vasculaires, spina bifida, neuropathies
périphériques, sclérose en plaque ..)
>
négligence de l'intéressé ou de son entourage soignant en prévention ;
Ø Prévention de l'escarre
Elle doit constituer une véritable priorité pour
toutes les équipes prenant en charge des patients immobilisés et notamment des
patients âgés. Les facteurs de risque et les méthodes de prévention doivent
être bien maîtrisés et être ensuite, dans la mesure du possible, enseignés au
patient. L'évaluation du risque doit donc être systématique.
Echelle
d'évaluation du risque de Norton

Critère Observation Pondération
![]()
Condition physique Mauvaise 1
Passable 2
Bonne 3
Excellente 4
![]()
Condition mentale Stupeur 1
Confusion 2
Apathique 3
Alerte 4
![]()
Activité Alité 1
Confiné
au fauteuil roulant 2
Aide
à la marche 3
Ambulant 4
![]()
Mobilité Complètement
immobile 1
Très
limitée 2
Légèrement
diminuée 3
Mobile 4
Incontinence Urinaire
et fécale 1
Urinaire 2
Occasionnelle 3
Continent 4
![]()
Un score inférieur ou égal à
14 indique un patient à risque de développer une plaie de pression.
La littérature suggère de vérifier ces scores, d'une part lors de 1'admission du malade en institution, et, d'autre part de façon régulière. De plus, ils seront à nouveau réévalués lors d'un changement de I'état de santé du malade. Evidemment, la fréquence des évaluations sera augmentée chez les personnes à risque. Dès que le patient est considéré comme « à risque », des mesures simples mais indispensables doivent être mises en place par le personnel soignant
¨
Les supports anti-escarre
Le choix d'un bon support revêt d'autant plus d'importance que les possibilités de mobilisation du patient sont réduites. C'est le cas plus particulièrement chez la personne âgée. Les matelas, sur-matelas et coussins conçus pour disperser automatiquement les zones de pressions sont trop nombreux pour tous les décrire. Ils seront choisis en fonction de leurs efficacité et coût respectifs.
¨
La mobilisation du patient
Il s'agit de réduire au minimum la durée et la fréquence de 1'appui sur
les « zones à risque » en déchargeant les zones de pression. Pour
cela, le changement de position du patient devra être fréquent et régulier
(toutes les 2 à 4 heures). Deux positions de base sont conseillées : le
décubitus dorsal et le décubitus semi-latéral droit et gauche. Le décubitus latéral
strict est à proscrire formellement. La logique imposerait également une
mobilisation au cours de la nuit ce qui n'est pas systématiquement fait sur le
terrain. L'alternance lit-fauteuil, quand elle est possible, est recommandée.
Enfin, la kinésithérapie permet de mobiliser le patient, d'éviter les
rétractions et assure plus rapidement la reprise de la marche. En outre la
douleur sera soulagée au maximum car elle favorise l'immobilité.
¨
La surveillance quotidienne
de la peau (toilette, change...)
Elle
permet de déceler les premiers signes d'apparition d'une escarre et
d'intervenir ainsi rapidement dès lors que le processus reste réversible.
¨
Une hygiène rigoureuse
écartant les risques de macération
L'étape
de « Nursing » doit être assurée par l'équipe soignante de façon
quotidienne (au minimum) afin de conserver un milieu propre et sec.
¨
L 'effleurage
Il s'effectue par de simples frictions de
courte durée (10 à 15 secondes par site à risque) qu'il est nécessaire de répéter
souvent. Le massage classique considéré aujourd'hui comme causant plus de
dégâts est à éviter. Des produits peuvent faciliter le glissement des mains sur
la peau comme des émulsions ou des huiles peroxydées de type Sanyrène, ces
dernières étant sensées améliorer 1'oxygénation des tissus.
Sont
à proscrire les solutions alcoolisées qui ont plus tendance à agresser la peau
.
¨
Le traitement général
En
premier lieu, une alimentation et une hydratation correctes doivent être
apportées chez tout sujet à risque: il est important de détecter précocement
toute carence protidique (évaluation possible par dosage de 1'albuminémie et de
la pré-albuminémie). Sur le terrain, il est plus pratique et plus rapide
d'évaluer en premier lieu l'état nutritionnel global du patient par un examen
clinique de routine. Des compléments nutritionnels hyperprotidiques et une
supplémentation en certains acides aminés (arginine, L-ornithine) pourraient
être un appoint intéressant, mais aucune étude fiable ne permet d'en apprécier
1'efficacité clinique : la restitution d'une alimentation suffisante reste
aujourd'hui la priorité.
Ø Evaluation du stade de l'escarre
On distingue classiquement quatre stades se
différenciant par la profondeur de l'atteinte tissulaire :
ü Stade 1 : l'érythème
¨ Atteinte de l'épiderme qui
se traduit par une rougeur
(hyperthémie réactionnelle) localisée et indurée. Il peut s'agir d'un état
réversible ou non ;
ü Stade 2 : la désépidermisation +/- la phlyctène
¨ superficiel : altération de l'épiderme et
/ ou du derme qui correspond à une
ulcération superficielle. Elle peut se traduire par une simple écorchure ou
par une phlyctène c'est-à-dire par un décollement de la peau avec collection de
liquide interstitiel (bulle) clair ou hémorragique ;
¨ profond qui peut s'infecter ;
ü Stade 3 : la nécrose
¨ Destruction complète de la
peau touchant le tissu sous-cutané jusqu'au fascia, correspondant à une ulcération de profondeur moyenne. Elle
se caractérise par la présence d'une plaque croûteuse noire délimitée par un
sillon d'élimination séparant ainsi la nécrose de la peau saine. Les muscles et
les os peuvent être exposés mais non touchés ;
ü Stade 4 : la plaie ouverte par extension de la nécrose
¨
Atteinte
de toutes les couches tissulaires (muscles, os et articulations ) par ulcération profonde.
¨
Un geste chirurgical de fermeture s'avérera alors peut-être nécessaire
pour réduire les fuites protéiques et pour prévenir une septicémie ;
Des complications peuvent
encore survenir par manque de soins ou par utilisation de thérapeutiques
inadaptées.
La complication organique la
plus fréquente reste certainement l'infection : la colonisation de la plaie par
la flore cutanée avoisinante est une conséquence inéluctable et bénéfique de
l'ulcération. Les bactéries stimulent en effet la migration des polynucléaires
et des macrophages vers la plaie, et ainsi sa détersion autolytique, phase
essentielle de la guérison.
Mais il convient de
maîtriser cette colonisation afin d'éviter une surinfection touchant les
articulations ou les os, qui risque au final d'évoluer vers la septicémie
mettant en jeu le pronostic vital.
Les autres complications
seront d'ordre psychologique (atteinte de l'image corporelle, douleur physique
et morale, odeur nauséabonde) et sociale par augmentation de la durée d'hospitalisation.
Ø Analyse de la plaie ouverte
ü La description scientifique
d’une plaie n’en permet pas toujours une évaluation pratique, dans le but
d’appliquer la technique de soins la plus appropriée. Elle comportera non
seulement l’étude de la couleur de la plaie mais aussi de l’état d’infection,
de l’odeur, de la profondeur, de la localisation, du pourtour et de
l’importance de l’exsudat.
ü La classification des plaies
se base sur la couleur :
¨ Les plaies noires, recouvertes
d’un tissu nécrotique noirâtre mort.
Le tissu nécrotique est très réceptif aux colonisations micro biologiques, en particulier aux bactéries anaérobies qui provoquent des plaies malodorantes, sales et fortement exsudantes. Il doit donc impérativement être débridé sauf s’il est en continuité avec la peau environnante. Le simple fait d’enlever le tissu nécrotique rétablit l’équilibre bactériologique, les Gram négatifs disparaissant au profit d’une flore cutanée normale;
¨ Les plaies jaunes qui doivent
leur couleur à la présence de débris et d’exsudats ;
¨ Les plaies vertes qui sont des jaunes infectées ou colonisées ;
¨ Les plaies rouges en voie de
guérison, gorgées d’un tissu de granulation riche en cellules vivantes ;
¨ Les plaies roses en phase
d’épithélialisation ;
¨ Les plaies atones se
reconnaissent par les bords souvent peu bourgeonnants, enroulés vers
l’intérieur, sans signe de vascularisation ;
ü Ce modèle de classification est applicable à de nombreux types de plaies. Cependant dans la pratique, on rencontre rarement des plaies toutes noires, rouges ou jaunes. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un mélange de deux ou trois couleurs. Le facteur le plus grave doit alors être traité en premier lieu. La couleur et le degré de profondeur déterminent tous deux le choix du pansement à utiliser.
Ø Techniques de soins
Il
est indispensable que les médecins et le nursing d’une même institution suivent
le même protocole de prévention et de traitement.
ü Réversibilité
Au stade I, on différencie deux types de rougeur qui
déterminent secondairement deux types d'évolution et de soins :
¨ la rougeur qui blanchit
à la pression. On la considère comme réversible et on doit continuer
les effleurages ;
¨ la rougeur qui ne
blanchit pas à la pression. Cette lésion s'aggravera vers l'ulcération.
Ici les effleurages sont plus néfastes que bénéfiques et sont donc à proscrire
;
ü Prise en charge d'une phlyctène
Dans le cas d'une phlyctène, c'est-à-dire d'un décollement de la peau avec collection de liquide interstitiel, 1'aspect de ce liquide va déterminer la marche à suivre :
¨
S’il est clair, une simple incision du toit est
nécessaire afin d'évacuer le liquide. L'excision complète est pratiquée 8 à 10
jours plus tard quand la réépidermisation est complète.
¨
S'il est hémorragique, il faut totalement
découper la peau de la phlyctène.
ü
Profondeur de 1'ulcération
En présence d'une nécrose recouvrant complètement la plaie, il est très
difficile d'évaluer précisément le stade de 1'escarre (stade III ou IV). La
profondeur et donc la gravité de l'atteinte sont déterminées une fois la plaque
enlevée.
ü
Enlèvement de la plaque
nécrotique
A ce
stade, 1'objectif immédiat est d'ôter la plaque de nécrose. La croûte formée
ralentit en effet la cicatrisation car elle prolonge 1'inflammation et inhibe
la prolifération et la maturation cellulaire. De plus, elle stimule 1'infection
et 1'apparition de pus.
Si
la plaque de nécrose est sèche, il faut la ramollir avant la détersion
chirurgicale. Pour cela, on applique sur la plaie de la vaseline ou un hydrogel
pour hydrater protégé par un pansement secondaire non absorbant. On utilisera
de préférence un film de polyuréthanne voire un hydrocolloïde mince et
transparent afin de surveiller l'évolution. S'il s'agit d'un pansement à la
vaseline, le retirer tous les jours ; s'il s'agit d'un pansement d'hydrogel, le
changer tous les 2 à 3 jours. Cette technique participe aussi à 1'opération de
détersion dite autolytique.
ü
La détersion (appelée aussi
le débridement)
Elle
consiste à retirer de la plaie les tissus nécrotiques et fibrineux qui
recouvrent complètement ou partiellement la plaie. Ces derniers retardent la
guérison et peuvent empêcher une bonne évaluation de la plaie. La méthode de
débridement choisie est fonction de la condition du malade, de l'état de
1'escarre et du plan de traitement.
Les
deux techniques actuellement les plus utilisées sont:
¨
La détersion chirurgicale
C'est la méthode la plus rapide et la plus efficace pour enlever de
grandes quantités de tissus nécrotiques. Après traitement antalgique adéquat,
elle s'effectue à 1'aide d'outils chirurgicaux simples (bistouri, pinces...),
sans faire saigner, au chevet du malade. Dans le cas de plaie profonde et
douloureuse, une intervention au bloc opératoire peut être envisagée.
¨
La détersion autolytique
Elle correspond à une autodigestion de la nécrose par les sécrétions enzymatiques naturelles et les cellules inflammatoires contenues dans 1'exsudat généré par la plaie. Ce débridement va être stimulé par 1'application sur la plaie de pansements synthétiques. Alors qu'autrefois les pansements secs étaient préconisés, les travaux de Winter ont montré depuis 1963 1'intérêt du maintien d'un milieu chaud et humide au sein de pansements, semi-occlusifs le plus souvent, et parfois occlusifs. Ce milieu permet de maintenir in situ 1'exsudat séreux riche en cellules et en facteurs participant à la cicatrisation (lymphocytes T, polynucléaires. monocytes, fibroblastes, facteurs de croissance, prostaglandines, cytokines). Enfin il permet la
colonisation
de la plaie par une flore bactérienne aérobie évoluant selon les phases du
bactériocycle et qui aide à la détersion. C'est la méthode de base communément
utilisée aujourd'hui. En effet, elle présente de nombreux avantages en terme de
praticabilité, de tolérance pour le patient et de coût qui reste relativement
correct.
Si
la réalisation du pansement de 1'escarre est douloureuse (ce qui n'est pas rare
en particulier chez les personnes âgées), il convient de prescrire un
traitement antalgique approprié. Cette prescription est fonction de 1'intensité
de la douleur que 1'on peut apprécier par des échelles type EVA, et concerne
des antalgiques de palier I (paracétamol) à III (morphine) de la classification
de l'OMS sous la forme galénique adaptée à chaque patient.
On
cite aussi deux autres méthodes de détersion peu usitées ou complètement
abandonnées :
¨
Le débridement enzymatique
C'est une méthode plus lente et qui convient mieux aux petites quantités de nécrose mais reste peu utilisée. Elle se fait à 1'aide de produits comme Elase mais il faut faire attention à bien protéger la peau saine lors de 1'opération car ces produits ne font pas la distinction entre ce qu'ils doivent détruire et ce qui doit rester en place.
¨
Le débridement mécanique
Il s'agit de la technique du pansement « humide-à-sec » : Elle consiste à appliquer une gaze humide sur la plaie, à laisser sécher en place puis à retirer la gaze permettant ainsi d'enlever les tissus nécrotiques. En plus de la douleur causée par le retrait du pansement, 1'inconvénient majeur de cette pratique est d'abîmer le tissu de granulation nouvellement formé. Elle ne doit pas être utilisée car non sélective.
Une
autre technique consiste à stimuler la détersion par la présence d'asticots au
sein de la plaie. Cette méthode est connue depuis 1'antiquité mais aujourd'hui
rarement utilisée sauf en Europe du nord, au Royaume-Uni et aux USA. Les
asticots auraient 1'avantage d'éliminer les tissus nécrotiques et les bactéries
par ingestion ainsi que de stimuler la granulation et, de ce fait, la
cicatrisation. Une récente étude a prouvé 1'efficacité des asticots dans le
traitement des plaies infectées et notamment par des bactéries résistantes aux
antibiotiques comme les staphylococcus
aureus résistants à la méticilline (SARM).
Ø Traitement de l'ulcération
En
traitement, il faut éliminer tous les dépôts de fibrine et les tissus
nécrotiques qui encombrent la plaie. Il faut protéger le tissu de granulation
riche en cellules vivantes sans
vouloir stériliser la plaie à tout prix.
Il est impératif d’absorber les sécrétions qui se
trouvent à l’intérieur de la plaie au fur et à mesure de leur formation car
nous aurons des dépôts de fibrine qui vont interrompre la néovascularisation du
tissu de granulation et de ce fait la formation des fibres de collagène mettant
en danger toute la cicatrisation. Il faut assurer un environnement optimal
autour de l’escarre en protégeant correctement les bords encore intacts
notamment par une pâte hydrophobe. On veillera à éviter la macération et à
empêcher les infections superficielles.
Il
se fait à pression modérée avec une solution non alcoolique : soit avec une
solution de sérum physiologique soit avec une solution détergente type savon
doux, suivi d'un rinçage
abondant quand la plaie est souillée par des matières organiques. En
l'absence d'infection, l’emploi d'antiseptiques lors du nettoyage de la plaie
est à proscrire absolument au vu de 1'effet cytotoxique, de 1'apparition de
germes résistants et du risque d'allergie.
· le violet de gentiane , démontre une activité à l’encontre de germes Gram positif et de levures mais parait freiner la cicatrisation ;
·
l’hexachlorophène
et les composés à base d’ammonium quaternaire exercent un effet toxique local. A défaut
d’autres études plus précises, l’emploi itératif de ces classes d’antiseptiques
n’est pas recommandé dans des plaies ouvertes ;
·
Il ne faut jamais utiliser de l’éosine sur une brûlure même peu
étendue ;
·
l’eau oxygénée ne peut être utilisée pour des plaies profondes ou cavitaires, ou pour des
fistules car elle peut provoquer la nécrose ou la formation de nouvelles
fistules ;
·
l’acide acétique est actif sur les Gram – Pseudomonas et sur les champignons ;
· la chlorhexidine est proscrite dans les yeux, les oreilles, sur les muqueuses, cerveau, méninges et sur les tissus nerveux. Elle ne doit pas être utilisée chez les enfants de moins de 30 mois sans avis médical. Elle est incompatible par inactivation avec les savons, alginates, hydrocolloïdes, la glycérine, l’iode et les iodophores ;
· l’utilisation judicieuse de la polyvidone iodée ne doit pas viser à éradiquer toute la flore bactérienne. Cet antiseptique freine la pullulation de micro-organismes, et limite la contamination secondaire par des pathogènes contaminant.
Cependant, il faut utiliser l’iode et les iodophores avec prudence chez les patients souffrant de troubles thyroïdiens ou devant passer des tests thyroïdiens et / ou en pré opératoire de la thyroïde ou allergiques à l’iode de par une absorption possible de l’iode.
Ils ne peuvent être utilisés ni chez les enfants de moins de 2 ans et pendant la grossesse et la lactation. Leur utilisation est également déconseillée pour le traitement de plaies étendues au-delà de 20% de la surface corporelle à traiter et de brûlures en raison du risque d’acidose métabolique et d’insuffisance rénale.
Il faut éviter l’association polyvidone iodée avec chlorhexidine, eau oxygénée, Dakin, essences, teinture de benjoin et le sulfadiazinate d’argent en raison d’incompatibilités.
Il est conseillé de toujours procéder à un rinçage
au sérum physiologique après l’emploi d’un antiseptique et ce, en respectant le
temps de contact propre à l’antiseptique.
¨
La surinfection locale
Le
contrôle local de 1'infection est délicat. Des pansements spéciaux peuvent être
appliqués comme les pansements au charbon : constitués de charbon actif, ils
sont particulièrement précieux dans les escarres surinfectées et malodorantes
(ce qui est une caractéristique des escarres en fin de vie). D'une part, ils
neutralisent les odeurs nauséabondes par leur important pouvoir absorbant et,
d'autre part, grâce à la présence de 1'ion Argent +, ils luttent contre
1'infection. Sur le marché, seul Actisorb a actuellement une action à la fois
sur 1'infection et sur les mauvaises odeurs. C'est en effet le seul pansement
où le charbon est directement au contact de la plaie. Le rô1e des autres
pansements au charbon (Carbonet et Carboflex), où le charbon est séparé de la
plaie par une compresse absorbante, n'est que de neutraliser les odeurs.
Les
hydrofibres et les alginates peuvent être utilisés en première intention. Les
prélèvements bactériologiques sont superflus. C'est 1'aspect inflammatoire
d'une plaie et de son pourtour, son aggravation brutale, qui doivent faire
redouter une infection.
L'usage
éventuel des antiseptiques est souvent réservé aux escarres du siège ou aux
lésions profondes qui se surinfectent plus facilement . Un antiseptique à base
d'iode ou un pansement imprégné type « tulle bétadiné » peut alors,
dans une certaine mesure, circonscrire 1'infection (c'est en effet 1'un des
plus puissants antiseptiques et des mieux supportés par les tissus vivants).
Néanmoins, il est important de préciser que 1'utilisation des antiseptiques sur
les plaies chroniques reste un sujet encore actuellement très controversé. Le
tulle Bétadiné aurait de plus un effet asséchant sur la plaie, ralentissant sa
cicatrisation.
« Paix
sur la plaie aux germes de bonne volonté ». Si la plaie ne montre
aucun signe d’infection, un simple
nettoyage mécanique avec du sérum physiologique suffit, les défenses
naturelles de l’organisme sont suffisantes pour contenir les bactéries dans les
limites de la colonisation parce que ces organismes, par leur propre
microclimat, contribuent également au nettoyage de la plaie et favorisent la
cicatrisation.
Par contre aucune antibiothérapie locale ne doit être instaurée car elle entraîne inévitablement 1'apparition de germes multi-résistants. En effet, la diffusion de 1'antibiotique in situ est souvent hétérogène et inférieure à la CMI des germes. De plus son activité est limitée par les conditions de pH défavorable, les protéines et la fibrine du milieu, et enfin par 1'cffet inoculum. Le fusidate sodique (Fucidin) et la mupirocine (Bactroban) en présence d’une souche résistante de staphylocoque (SARM) sont des exceptions à cette règle, bien que les ulcères de jambe ne présentent pas une indication idéale pour ces produits.
¨
Infection systémique
L’antibiothérapie
générale n’accélère pas la guérison des ulcères mais dès 1'apparition d'une surinfection
de 1'escarre, une surveillance toute particulière doit être mise en place afin
de repérer tout passage systémique de la flore locale et le développement d'un
sepsis. En cas de symptômes caractéristiques (fièvre, douleurs importantes,
inflammation périlésionnelle ou ganglionnaire, odeurs), des hémocultures seront
effectuées et une antibiothérapie par voie générale sera instaurée de façon
empirique puis ajustée en fonction de 1'antibiogramme.
La détersion terminée, la
guérison de la plaie va évoluer en deux phases :
¨
Le bourgeonnement
La néoangiogénèse ou formation de nouveaux capillaires apporte les
éléments nécessaires à la multiplication cellulaire qui se traduit par
1'apparition de bourgeons charnus constituant le tissu de granulation. L'objectif
des soins est ici de respecter les bourgeons : après nettoyage de la plaie, la
mise en place de plaques d'hydrocellulaires s'effectue tous les trois à quatre
jours ou celle des hydrocolloïdes tous les cinq à sept jours. Si, à ce stade,
les exsudats sont encore abondants, on pourra utiliser les alginates ou un
hydrofibre.
Deux particularités :
En
cas d'hyperbourgeonnement, l'utilisation de corticoïde en crème, à étaler
directement sur la plaie et protéger par une compresse, est préconisée afin de
limiter ce phénomène. On pourra également appliquer des tulles imprégnés de
corticoïdes pendant deux jours à renouveler une ou deux fois si nécessaire.
Cependant prudence avec les crèmes comportant des antibiotiques comme la
néomycine et la polymyxine.
En
cas de bourgeonnement hémorragique, on applique un pansement à base d'alginate
afin de nettoyer la plaie et de stopper le saignement.
¨
L'épithélialisation ou
épidermisation
Les cellules épidermiques, provenant des berges de la plaie, associées
aux follicules pileux et aux glandes sébacées prolifèrent puis migrent vers la
surface cutanée. Cette phase se caractérisant par un accroissement des besoins
en oxygène, il convient d'utiliser des pansements non ou semi-occlusifs.
On
maintiendra toujours le milieu humide avec des plaques d'hydrocolloïdes ou des
pansements semi-perméables. A ce stade, ils devront être transparents afin de
suivre la cicatrisation de la plaie. Par contre, les pansements
hydrocellulaires ou à base d'alginates ne seront pas utilisés, 1'exsudat étant
presque inexistant.
Dans le cas des plaies creuses où 1'on utilise
des pansements adaptés, le méchage doit être retiré petit à petit au fil des
pansements afin de permettre un comblement tissulaire régulier et d'éviter une
mauvaise cicatrisation avec persistance de cavités, de fistules (risque de
surinfection).
Ø Choix du pansement
ü
Les plaies maintenues dans un milieu humide par
des pansements synthétiques ferment plus vite qu’avec un pansement classique.
Il s’agit d’une révolution économique. On considère généralement que les
pansements « classiques » doivent être changés une fois par jour. Il
faut ajouter aux coûts du pansement le temps de l’infirmier, l’utilisation
d’antiseptiques, la stérilisation du matériel, etc. Selon une étude pharmacoéconomique
allemande, les coûts directs et indirects s’élèverait à 0,62 € par minute de
réfection.
L’avantage des pansements de types hydrocolloïdes est qu’ils peuvent et doivent rester en place au minimum 3 ou
4 jours, parfois même une semaine.
En Grande-Bretagne, 60% des escarres sont traités par la technique des pansements humides tandis qu’en Belgique, les antiseptiques et antibiotiques locaux sont utilisés dans 66% des cas, les techniques par pansements humides ne représentant que 10% des cas.
ü Le pansement comportera
toujours un pansement primaire en contact direct avec la plaie. Ensuite, il
sera recouvert d’un pansement dit secondaire qui sera, selon le choix du
pansement primaire, un pansement de fixation ou un pansement augmentant
l’activité du pansement primaire par phénomène d’absorption ou d’occlusion.
La contention sera indispensable à réaliser dans le cas des ulcères purement variqueux et nécessitera l’utilisation, selon la morbidité du patient de bandes à élasticité :
¨ courte (type Comprihaft) qui
exercent une forte pression de travail et une faible pression au repos. Elles
sont destinées aux patients ambulants et ne doivent pas être retirées la
nuit ;
¨ longue (type Elodur) qui
exercent une forte pression au repos et une faible pression au travail. Elles
sont destinées aux patients non ambulants et doivent être retirées la nuit.
ü Au cours de l’ensemble du
processus de cicatrisation, il faudra très probablement modifier les pansements
initiaux.
ü Après l’analyse correcte de
la plaie, on choisira le pansement idéal :
¨ Sur une plaie noire ð un
hydrogel ;
¨ Sur une plaie jaune sèche ð un
hydrogel ;
¨ Sur une plaie jaune humide ð un
alginate ou un hydrofibre ;
¨ Sur une plaie atone ð un
hydrogel ;
¨ Sur une plaie rouge
faiblement exsudative ð un hydrocolloïde ;
¨ Sur une plaie rouge
fortement exsudative ð un alginate ou un hydrocellulaire ;
¨ En fonction du pourtour de
la plaie, selon la présence d’une dermite d’irritation ou d’un eczéma de
contact, on protègera les bords par une
pâte hydrophobe, un pansement protecteur de type Cavilon ou on préférera un hydrogel sans propylène
glycol associé à un pansement qui
devra être essentiellement à absorption verticale pour ne pas augmenter la
macération des bords. Les hydrocolloïdes possèdent, en effet, une dispersion
latérale parfois irritante.
ü L’évolution va permettre
d’utiliser à long terme des produits à base de culture de kératinocytes ou de
fibroblastes comme Dermagraft et Trancyte (Smith & Nephew). Il s’agit de véritables greffes
qui sont déjà utilisées pour le traitement de plaies diabétiques. Il ne sont
pas encore d’utilisation courante étant donné leur coût et leur absence de
remboursement. Un Dermagraft 5x7 cm
coûte 347 € HTVA et il faut 8 semaines de traitement à raison d’un par semaine
soit un coût global de 2.975 €. Les cultures de kératinocytes via la banque de
tissu étant remboursées à 10€/cm², Dermagraft
pourrait à terme être remboursé.
Ø Définition du pansement idéal
ü Certains pansements auront
pour rôle d’apporter de l’humidité dans une plaie trop sèche, d’autres au
contraire essayeront de régulariser une trop forte humidité de la plaie par
leur propriété absorbante ;
ü Le pansement doit être
indolore de par sa nature et lors de sa réfection de par la fragilité du
pourtour de la plaie et du risque d’arracher les bourgeons nouvellement formés.
La condition indispensable au préalable de tout renouvellement d’un pansement doit être une bonne humidification suivie d’un décollement progressif ;
ü Un pansement doit être
non-adhérent, pour éviter tout arrachage lors de sa réfection ;
ü Un pansement doit être hypoallergénique,
les rares allergies apparaissent avec certains hydrocolloïdes contenant du
Collophane et certains hydrogels contenant du propylène glycol ;
ü Un pansement doit être
absorbant, condition indispensable pour éviter des écoulements latéraux souvent
irritatifs pour une peau péri-ulcéreuse déjà fragilisée ;
ü Le pansement doit être
inodore. L’odeur est surtout perceptible lors de l’utilisation d’hydrocolloïdes
et de certains alginates. Les pansements déodorants à base de charbon actif et
d’argent sont très onéreux et ne représentent pas une solution, il faut
renouveler plus fréquemment le pansement. En outre, cette odeur peut être
également un signe de surinfection nécessitant un prélèvement bactériologique
dans la profondeur de la plaie, avec éventuellement un antibiogramme ;
ü Le renouvellement d’un
pansement doit être fait selon le degré de saturation visible de ce dernier et
variable selon sa classification ;
ü Le pansement doit être
économique ;
Ø Classification des pansements
ü Les professionnels de la santé ont vu se multiplier ces dernières années les classes de pansements. Différentes classes sont actuellement disponibles et utilisables en pratique quotidienne, chacune comprenant plusieurs produits concurrents et chacune ayant des indications et des modalités d'emploi bien précises ;
ü En l’absence de protocoles, il est devenu relativement difficile pour les soignants, souvent très sollicités par les laboratoires commercialisant ces produits, de s’y retrouver ;
ü Il devient nécessaire de faire une synthèse, pour la pratique, des indications et des modalités d’emploi de ces pansements modernes ;
A.
Les pansements
passifs
1. 1.
Films transparents semi-perméables (Nikoderm,
Opsite, Stabilon, Tegaderm) ;
1. 2.
Pansements non adhérents
a. compresses
imprégnées & interfaces (Adaptic,,
Jelonet, Lomatuel, Tulles) ;
b. interface
polyamide - silicone (Mepitel) ;
1. 3.
Pansements de protection
a. plaques (Protecteur talon, Jersey talon) - silicone (Cica-care, Mepiform) ;
b. films et crèmes (Cavilon, Opsite spray, Skin Prep, Triple Care) ;
2. Pansements
absorbants
a. ordinaires (Alldress, Exsupads, Hydropad, Mefra,
Melolin, Nissan, Mesorb) ;
b. sur
film transparent semi-perméable (Cutifilm,
Opsite post-op, Tegaderm Pad);
B.
Les pansements
actifs
1. Les polymères (Debrisan) ;
2. Les hydrocolloïdes
a. plaques et pâtes (Askina, Comfeel, Cutinova, Duoderm, Hydrocoll, Metoderm)
b. hydrofibres (Aquacel) ;
3. Les hydrogels
a. fluides hydrocolloïdes (Duoderm, Flamigel, Intrasite, Suprasorb G) ;
algigels (Flaminalg, Nugel) ;
algicolgels (Comfeel Purilon) ;
salins (Hypergel, Normlgel) ;
b. plaques (Cutinova Cavity, Hydrosorb, Novogel, Suprasorb G) ;
4. Les hydrocellulaires (Allevyn, Biatain, Cavi-Care, Cutinova foam, Lyofoam,
Mepilex, Suprasorb M, Tielle) ;
5.
a. Les alginates G (Algosteril, Kaltostat, Tegagen) ;
b.
Les
alginates M (Algisite, Melgisorb,
Sorbalgon, Suprasorb A, Tegagel) ;
c.
Les
alginates M + hydrocolloïdes (Askinosorb,
Seasorb, Urgosorb)
6.
Les
désodorisants (Actisorb, Carboflex, Carbonet,
Kaltocarb, Vliwaktif) ;
7.
Les hémostatiques
a. collagène (Antema, Colgen, Hemocol, Suprasorb C) ;
b. cellulose oxydée (Curacel, Surgicel, Tambotamp) ;
c. éponge gélatineuse (Curaspon, Gelfoam, Spongostan) ;
8.
Les interactifs
a. l’acide hyaluronique (Hyalofill, Hyalogran, Ialuset, Jaloplast) ;
b. les électrolytes (Mesalt Sodium Chlorure, Tenderwet Ringer) ;
c. l'argent (Acticoat)
d. anti-protéases (Promogran) ;
e.
facteurs de croissance (Regranex)
f.
Vacuum
Assisted Control (VacuSeal)
C.
Les produits
nettoyants
Flamiclens, Flamirins, Isorins, NaCl 0,9%, Remove, Triple Care
Ø Statut des pansements
Avant la Directive européenne 93/42/CEE transposée en Droit Belge par l’AR du 18 mars 1999, toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales pouvait être enregistrée comme médicament avec un statut de spécialité au même titre que les antiseptiques. Cette demande d’enregistrement était liée à des règles incluant notamment la remise d’un dossier traitant des aspects pharmaceutique, analytique, pharmacologique, toxicologique et clinique. Enfin pour pouvoir être admises au remboursement, les spécialités pharmaceutiques et produits assimilés enregistrés doivent présenter un intérêt social et répondre à des critères pharmacothérapeutiques ainsi qu’à des critères de prix.
Avec la Directive européenne 93/42/CEE, certaines spécialités enregistrées et remboursées ont vu leur statut modifié en dispositifs médicaux soumis au marquage CE.
Ainsi, si le statut de dispositif médical ne s’applique pas :
¨ aux médicaments visés par l’AR du 25 mars 1964 ;
¨ aux organes, au sang humain, produits sanguins, plasma, cellules sanguines d’origine humaine et aux dispositifs qui les contiennent ;
¨ aux dispositifs implantables actifs visés par l’AR du 15 juillet 1997 ;
par contre, il s’applique avec perte de statut de médicament :
¨ aux ciments même avec antibiotiques ;
¨ aux poches destinées à contenir du sang ;
¨ aux concentrés pour hémodialyse ;
¨ aux colonnes de séparateurs cellulaires ;
¨ aux désinfectants pour dispositifs médicaux ;
¨ aux hémostatiques et pansements (hydrocolloïdes) ;
¨ aux produits contenant de l’acide hyaluronique ;
¨ aux viscoélastiques ;
¨ aux solutions de rinçage, d’irrigation (Urotainer) et d’humidification (Respiflo) ;
Les dispositifs médicaux sont soumis au taux de TVA de 21% sauf si le Ministre des Finances les « repêche » par un AR spécifique, qui les reprend en tant que tels et non plus comme médicament sur une liste de produits ayant droit au taux de TVA réduit.
Ainsi, les dispositifs médicaux qui suivent furent maintenus à 6% :
¨ les poches à sang couvertes d’un anticoagulant ;
¨ les ciments osseux avec antibiotique ;
¨ les produits viscoélastiques ;
¨ les seringues à insuline et dispositifs de contrôle de la glycémie ;
¨ les sondes vésicales et de type Foley ;
¨ les pansements et le drapage directement en contact avec le patient ;
¨ les hydrocolloïdes en tant que pansement ;
Certains dispositifs médicaux continuent d’être remboursés sur décision de l’INAMI ou facturables aux patients soit comme préparation magistrale (pansements stériles), soit comme spécialité pharmaceutique avec une TVA réduite de 6% :
¨ les hydrocolloïdes et polymères :
· Comfeel Plus et Ulcus conservent leurs numéros d ‘enregistrement ;
· Duoderm regular perd son numéro d’enregistrement et son statut de spécialité ;
· Debrisan ;
¨ les viscoélastiques ;
¨ les ciments osseux ;
¨ les pansements stériles ;
¨ les seringues à insuline et dispositifs de contrôle de la glycémie ;
Certains dispositifs médicaux continuent d’être remboursés sur décision de l’INAMI ou facturables aux patients comme spécialité pharmaceutique avec une TVA de 21% :
¨ les solutions pour irrigations vésicales :
¨ les solutions d’humidification et de rinçage ;
Ø Résumé de facturation
Ä Dispositifs médicaux facturables à l’INAMI
¨
Hydrocolloïdes :
Comfeel Ulcus & Plus, Duoderm regular
¨ Polymères : Debrisan 60 gr poudre
ð catégorie B en hôpital sauf Debrisan (Catégorie C)
·
le
prix facturé est le prix d’achat ex usine avec TVA ;
·
le
patient paie 0.37 € par plaque ;
·
les
0.37 € sont repris dans le forfait de 0.62 € par journée
d’hospitalisation ;
ð catégorie C en officine
·
le
patient paie 50% du conditionnement avec un maximum de 15.49 € ;
·
le
patient avec un régime préférentiel (VIPO) paie 50% du conditionnement avec un
maximum de 9.30 € ;
·
le
remboursement valable par période renouvelable de deux mois est soumis a une
demande d’autorisation auprès du médecin conseil sur base d’une
attestation du médecin traitant dans les indications d’ulcères de jambes et de
décubitus ;
En hôpital, l’INAMI a instauré un remboursement des
spécialités sur base du prix du produit équivalent (générique ou copie) le
moins cher. Le montant restant normalement dû fait partie de la part patient
limitée forfaitairement à 0.62 € par jour d’hospitalisation. Ainsi, le choix
d’un produit plus cher est directement à charge des institutions.
Ä
Dispositifs
médicaux facturables entièrement aux patients catégorie D :
¨
Debrisan 64% 10 gr pâte ; NaCl 0,9% 500 ml pour irrigation ;
¨
Eau 500 & 1000 ml pour irrigation NaCl 0,9% 1000 ml pour irrigation (Versol) ;
¨
Gelfoam ; Opsite
spray ;
¨
Intrasite
25 gr gel Stellatulle ;
¨
Isobétadine tulle ; Vaseline boriquée 10% ;
Ä
Pseudo-dispositifs
interprétés facturables entièrement aux patients catégorie D
¨
Comfeel 25 gr déogel, 50 gr pâte, 6 gr poudre,
Purilon 25 gr ;
¨
Comfeel Plus Contour, Plaque, Sacrum et Sacrum
transparent ;
¨
Comfeel Plus transparent 10 x 10 cm & 15 x 15
cm ;
¨
Duoderm 15 gr hydrogel, 30 gr pâte ;
¨
Duoderm E, E border, Extra-Mince ;
Ä
Les
autres dispositifs médicaux
Dans la modification du lay-out de l'extrait
de la note d'hospitalisation destiné au patient paru dans le Moniteur du 27 mai
2000, une rubrique " frais parapharmaceutiques " est nommément citée.
Figurent dans cette rubrique toutes les fournitures dispensées par des
officines hospitalières, autres que des spécialités pharmaceutiques, non
remboursables par l'assurance obligatoire soins de santé et indemnités qui en
plus ne peuvent pas figurer sous une autre rubrique dans le poste 2. Pharmacie
(entre autres les spécialités parapharmaceutiques). Il en existe une liste avec
le code APB.
Ä
Choix
économiques sur base des prix de facturation hôpital et extérieur
Les
patients à la sortie de l’hôpital demandent fréquemment une alternative moins
coûteuse à ces pansements qu’ils soient remboursés (catégorie C en ambulatoire)
ou non.

![]()
¨
Films transparents Appel d’offres Suprasorb
F (Stella)
semi-perméables Opsite Flexifix (Smith & Nephew) Opsite Flexifix
¨
Tulles et interfaces Jelonet (Smith & Nephew) Jelonet (Smith & Nephew)
Adaptic
(Johnson & Johnson) Adaptic (Johnson
& Johnson)
Tegapore (3M) Tegapore (3M)
¨
Pansements protection Comfeel Mousse (Coloplast) Comfeel Mousse (Coloplast)
¨
Film protecteur Alopate Alopate
¨
Pansements absorbants Melolin (Smith & Nephew) Melolin
(Smith & Nephew)
¨
Pansements sur film Cutifilm Plus (BDF) Cutifilm
Plus (BDF)
¨
Hydrocolloïdes
·
Transparents Comfeel Plus (Coloplast) Comfeel Plus (Coloplast)
·
Pâtes Comfeel
50gr (Coloplast) Comfeel 50gr (Coloplast)
·
Hydrofibres Aquacel
(Convatec) Aquacel
(Convatec)
¨
Déodorants Comfeel
deogel (Coloplat) Vliwaktif (Stella)
¨
Hydrogels
·
Fluides Intrasite gel (Smith & Nephew) Intrasite gel
·
Plaques Hydrosorb
(Hartmann) Hydrosorb (Hartmann)
¨
Hydrocellulaires Lyofoam (Mecomfa) Lyofoam (Mecomfa)
¨
Alginates G Kaltostat
(Convatec) Kaltostat
(Convatec)
¨
Alginates M Melgisorb
(Hartmann) Melgisorb (Hartmann)
¨
Collagène Antema
(Bournonville)
¨
Cellulose oxydée Surgicel (Johnson &
Johnson)
¨
Gélatine Gelfoam (Pharmacia
– Upjohn)
En gras : les dispositifs médicaux avec le statut
de spécialité.
En gras italique : les pseudo-dispositifs
facturables au patient
Ø
Conclusions
Suite au flou engendré par la Directive européenne, un
comité technique à été créé au sein de l’INAMI qui a décidé le maintien du
remboursement de ces produits sauf pour l'Intrasite
gel.
Les sociétés lésées sur un plan concurrentiel ont
sollicité par l’intermédiaire de leur représentation auprès de l’INAMI, la
possibilité d’obtenir un statut de remboursement par assimilation et la
création d’une liste unique pour tous les produits assimilés aux pansements
hydrocolloïdes. En outre, tous les pays européens les remboursent.
En cas de remboursement, ces pansements modernes avec les
greffes de peau représenteront un coût non négligeable dans le budget de la
santé. Une prévention attentive et l’utilisation de pansements adéquats, selon
une méthodologie rigoureuse et non commerciale, réduiront la durée d’évolution
des escarres et conséquemment les coûts pour la société et les patients.
Cela suppose une approche multidisciplinaire,
l’élaboration d’un protocole unique de prévention et de traitement au sein
d’une même institution, ainsi que l’établissement d’un formulaire.
Le
grand nombre de dispositifs médicaux mis à la disposition du personnel
soignant, génère certainement un mauvais choix ou une utilisation défectueuse
de ce dernier.
Le pharmacien d'hôpital, spécialiste du médicament et du
dispositif médical mais également instigateur de la dépense, se doit de jouer
son rôle essentiel d'information en faveur d'une optimisation d'utilisation.
Ø Sources
·
Hygiène hospitalière
pratique APHIF, JC. DARBORD & A.
DAUPHIN
·
Prévention et prise en
charge des escarres F. FEVRIER et L. AUGEREAU
·
Ulcères et escarres :
traitement Dr M. DUMONT-FRUYTIER, CHU Mont-Godinne
·
Ulcères, plaies et
micro-organismes Prof. PIERARD, ULG
·
Pansements récents : une
approche pratique L. GRYSON
·
Cicatrisation Dr D.
GOLDSCHMIDT, Hôpital Erasme
·
Une approche universelle des
plaies G. DE KEYSER, St Pietersziekenhuis, Leuven
·
Escarres, un échec de
l'hospitalisation Prof. M. de la BRASSINE, ULG
·
Ulcères de pression Prof.
R. VANWIJCK, UCL
·
Ulcères de jambe Prof. H.
DEGREEF, KUL
·
Plaies et pansements
hydrocolloïdes J. VANDEPUTTE, AZ St Josef Ostende
·
Soins de plaies à domicile
F. RENARD & I. ROUCLOUX, Croix Jaune & Blanche
·
Soins de plaies De Boeck
Université